« La santé des joueurs est une question plus urgente que jamais. » Le 13 mai, un mois quasiment jour pour jour avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football, 21 scientifiques du monde entier ont pris la plume, à travers une lettre ouverte particulièrement pimentée, pour alerter la Fédération internationale de football association (Fifa) sur le risque lié aux « chaleurs extrêmes » attendues en Amérique du Nord.
Les « niveaux inquiétants de stress thermique auxquels » les sportifs pourraient être exposés ont été minimisés par l’organisateur, accusent ces chercheurs. « Très peu d’études [ont été conduites] sur l’impact du stress thermique sur les joueurs », dénoncent-ils, et les directives officielles n’ont pas été mises à jour depuis 2015, pour tenir compte de la nouvelle donne météorologique liée au réchauffement climatique.
Un match sur quatre présente un risque élevé
La compétition, qui verra s’affronter 48 équipes nationales du 11 juin au 19 juillet dans 16 villes du Canada, des États-Unis et du Mexique, se tient à une période critique. Selon une étude du World weather attribution (WWA) parue le 14 mai, un tiers des 104 matchs programmés ont une forte probabilité de se dérouler dans des conditions de chaleur et d’humidité dangereuses.
Pour parvenir à ce chiffre, les scientifiques ont examiné l’historique des températures, des taux d’humidité, de l’ensoleillement et de la couverture nuageuse afin de calculer un indice de « chaleur humide » ou Wet bulb globe temperature (WBGT), un modèle élaboré au départ pour évaluer et prévenir le risque de coup de chaud chez les marins étasuniens.
Un premier seuil d’alerte est fixé à 26 °C WBGT, qui correspond à une chaleur ressentie de 36 à 38 °C si l’air est sec et 28 à 30 °C en cas de forte humidité. Il est hautement probable qu’il soit dépassé pour 26 rencontres.
Des rencontres de…
Auteur: Erwan Manac’h

