L’une des prérogatives stratégiques des mairies est de verser des subventions aux associations locales. Comment l’extrême-droite utilise-t-elle ce pouvoir quand elle arrive aux manettes ? Nous avons analysé les données financières de 10 municipalités du sud-est pour cerner les stratégies à l’œuvre derrière les villes vitrines de la normalisation du Rassemblement national
Par Floriane Louison
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une enquête collective sur la politique associative des mairies d’extrême-droite par des journalistes du sud-est et leurs médias : L’Arlésienne, Le Poing, la Marseillaise, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva. Un travail de fourmis permis par le soutien financier du Fonds pour une presse libre dans le cadre de l’appel à projet “Extrême droite : enquêter, révvéler, démontrer”. L’ensemble des données sont issues des comptes administratifs et sont accessibles via ce lien, qui présente la méthodologie de notre enquête.
Sommaire de l’enquête collective « Couper, contrôler faire taire ».
Deux tiers des Français sont engagés dans une association. Un salarié sur dix y travaille. « C’est une des forces vives les plus puissantes de notre pays », souligne Le Mouvement associatif, l’organisation représentative du secteur. Intrinsèquement relié aux autorités politiques, le milieu associatif fait partie de ceux qui tremblent quand le pouvoir change de mains. Dans le Sud de la France, des centaines d’associations ont fait l’expérience d’une bascule à l’extrême droite de leurs municipalités, unique échelon conquis par le Rassemblement national (RN). Quel a été l’impact ?
Pour répondre à cette question, nous avons collecté les comptes administratifs de dix communes gérées par l’extrême droite dans six départements du Sud-Est : les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, le Gard, les…
Auteur: Le Poing

