Coupes de l’USaid : « Affaiblir l’aide en santé mondiale, c’est semer l’instabilité de demain »

Depuis plusieurs mois, un vent de repli souffle sur le monde. Les « grandes puissances », jadis fers de lance de la solidarité internationale, réduisent brutalement leurs financements, notamment dans le domaine de la santé mondiale. Ce revirement, jusqu’alors impensable, s’impose avec une violence inédite, mettant en danger de mort des dizaines de millions de personnes. Pourtant, ces décisions suscitent peu de réactions, si ce n’est de l’indifférence froide, voire une fierté mal placée : « la Corrèze plutôt que le Zambèze » !

Aux États-Unis, les coupes sont massives. Le nouveau gouvernement a suspendu la quasi-totalité des financements de l’USaid puis l’a fermé, quitté l’Organisation mondiale de la santé, rétabli des politiques idéologiques limitant l’accès à la santé sexuelle et reproductive, et interrompu le PEPFAR, principal programme mondial de lutte contre le VIH. Plus de 20 millions de personnes dépendaient de ce programme pour accéder à un traitement antirétroviral. Partout, et surtout en Afrique qui concentre les deux tiers de l’épidémie de sida, les ruptures de traitements vitaux se multiplient, des organisations communautaires ferment. Un rebond de l’épidémie devient inévitable.

L’Amérique n’est pas seule : en Europe aussi, les coupes s’accumulent. Sous la pression des crises, les États réorientent leurs priorités. L’objectif de 2 % du PIB pour la défense devient la norme, parfois même un seuil à dépasser. L’argument est connu : il faut assurer notre sécurité, un besoin indéniable. Mais quelle sécurité espérons-nous construire dans un monde où l’on investit massivement dans l’armement, tout en fermant les yeux sur la montée des inégalités, l’effondrement des systèmes de santé, la prolifération de pandémies ?

Des sociétés en bonne santé sont plus résilientes

Il est illusoire – et dangereux – de vouloir stabiliser le monde…

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