C’est un pas de plus vers le verrouillage de l’information et la censure des réseaux sociaux. Dans une décision rendue ce 1er avril 2025, le Conseil d’État a validé le principe de la censure d’une plateforme, à savoir TikTok. La plus haute juridiction française vient d’autoriser, pour tout gouvernement actuel ou futur, la suspension d’un réseau social en France, pourvu qu’il l’estime «indispensable pour faire face à des événements d’une particulière gravité».
Revenons en arrière. En juillet 2023, juste après la grande révolte provoquée par l’assassinat de Nahel, Emmanuel Macron déclarait aux maires reçus à l’Élysée qu’il envisageait de «couper» les réseaux sociaux, en cas de nouveaux épisodes révoltes. Il proposait : «On a pu le voir, quand les choses s’emballent pour un moment, se dire : on se met peut-être en situation de les réguler ou de les couper». L’annonce avait créé la polémique, et le service de communication de l’Élysée avait rétropédalé.
Du côté du PCF, Fabien Roussel avait réclamé «l’état d’urgence sur les réseaux sociaux plutôt que sur les populations» et proposait de «couper» les réseaux sociaux «quand c’est chaud dans le pays». La «gauche responsable» approuvait ce projet de censure.
Après les émeutes de l’été 2023, les responsables de Meta, Snapchat, Twitter et TikTok étaient convoqués par le gouvernement français pour «prendre plusieurs dispositions». En clair réguler les réseaux sociaux voire les interdire temporairement, comme le font les dictatures en cas de soulèvements ces dernières années.
Au printemps 2024, c’est sur le territoire de la Kanaky que la France a pris une mesure inédite dans une démocratie occidentale : couper totalement le réseau social TikTok, pour endiguer la révolte qui s’était déclenchée. La mesure était appliquée à partir du 14 mai, et le gouvernement envisageait même d’aller beaucoup plus loin….
Auteur: B

