« À ta santé camarade ! » est une chronique mensuelle des Canards Masquées. Cette septième édition interroge les nombreux points communs entre Sida et Covid mais aussi ce qui différencie ces épidémies. Elle prend le parti de tirer profit de l’expérience des luttes contre le Sida pour construire une lutte commune et auto-organisée pour la santé publique.
Dans le monde de celleux qui ont conscience des dangers du Covid, il n’est pas rare de lire ou d’entendre des comparaisons entre Covid et Sida. Elles se fondent sur les points communs entre les virus du Sars-COV-2 et du VIH, leurs effets sanitaires, les caractéristiques des deux épidémies et les combats politiques qu’elles ont fait émerger. Les comparaisons sont stimulantes quand elles dessinent des perspectives de lutte. Elles sont éclairantes pour intégrer les dimensions sociales et politiques des épidémies ou pour comprendre pourquoi les maladies virales touchent toujours plus durement les personnes déjà marginalisées et discriminées. Mais, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître, ces comparaisons sont souvent simplistes et occultent les différences permettant une meilleure compréhension des deux épidémies et des enjeux qui en découlent.
Sur le plan épidémiologique, les virus à l’origine du Sida et du Covid ont plus de points communs qu’on ne voudrait le croire. En particulier, ce sont tous les deux des virus systémiques (c’est-à-dire touchant tous les systèmes d’organes), qui attaquent le système immunitaire des personnes infectées. Dans le détail, les deux virus partagent le même déclencheur de destruction de lymphocytes (les globules blancs qui servent à la défense de l’organisme), comme on a pu le voir chez 72% des patient·es atteint·es de formes sévères de Covid. Cette similitude explique pour partie les formes longues de la maladie : les lymphocytes continuent de dysfonctionner pendant 2 ans après une contamination. Enfin, des…
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