Mercredi 12 mai, lors des débats, un témoin de la défense, psychiatre ayant exercé 25 ans en milieu carcéral, a fait cette réponse à la présidente qui s’interroge sur la paranoïa des « personnes qui jugent le système dysfonctionnel et se sentent menacées par lui » :
« J’ai envie de vous répondre que des personnes qui vous diraient que rien ne dysfonctionne dans notre monde ne vont pas très bien ».
Ce bref échange sera presque le seul moment où on sentira les juges accessibles à une critique de notre société.
Pour le reste, tout se passe dans la violence, dans l’impression que les choses sont réglées d’avance, qu’on pensait avoir quelques cartes en main mais qu’elles sont jugées nulles, avant même d’être jouées. Mais sait-on jamais.
Mais reprenons dans l’ordre.
Première semaine :
Le 1er jour, la juge demande pourquoi les inculpé-es et le parquet ont fait appel, pour savoir dans quel état d’esprit chacun-e est. « Pas de groupe, pas de projet, et encore moins terroriste » répondent chaque inculpé-e, certain-es disent reconnaître les faits répréhensibles reprochés (comme la fabrication de pétards) mais qu’il n’y avait pas d’intention de violence. Iels souhaitent être jugé-es sur des vrais faits et pas un récit construit de toute pièce. Les avocates générales (équivalent du procureur, représentent l’État et l’accusation) maintiennent tout, que ce sont des dangereux terroristes.
Comme la première fois, les avocat-es demandent un report du procès parce qu’il n’y a toujours pas le début du dossier. On ne sait pas pourquoi iels ont été mis-es sous surveillance. Une procédure est toujours en cours pour demander ces infos, mais la justice est longue. Iels demandent également à faire citer les enquêteurs qui ont fait la surveillance, construit le dossier. Pour savoir pourquoi avoir pris ces 2% des écoutes, qu’y a-t-il dans les 98% manquant etc etc. Quand le jugement se fait…
Auteur: IAATA

