Ce reportage est réalisé dans le cadre de la Résidence de journaliste « médias alternatifs et défis environnementaux », créée par les chercheuses Audrey Alvès et Carole Bisenius-Penin, membres du Centre de recherche sur les médiations (Crem) de l’Université de Lorraine, en partenariat avec Reporterre.
Lafrimbolle (Moselle) et Bainville-sur-Madon (Meurthe-et-Moselle), reportage
Une sérénité se dégage à l’arrivée dans le village de Lafrimbolle. Le début du printemps réveille ses trois vallons d’un camaïeu de verts et de pépiements d’oiseaux. Des chevaux s’ébrouent dans un champ situé juste à côté de la place de la mairie. Les habitations, éparpillées, jouissent d’un calme olympien. Jusqu’à quand ? En plein champ, sur la route départementale qui dessert le bourg, une pancarte avertit : « Arrière, carrière, pilleuse-tueuse ». Avec deux précisions : « Pilleuse d’espace naturel, tueuse d’espèces. »
Dans cette commune d’un peu plus de 200 habitants, située à équidistance de Nancy et de Strasbourg, entre le parc naturel régional des Vosges du Nord et celui des Ballons des Vosges, une carrière de sable et de roches gréseuses pourrait voir le jour prochainement. Le projet est porté par un entrepreneur du département, Christian Dietrich, spécialisé dans les travaux de démolition et de terrassement. Des habitants de Lafrimbolle et de communes alentour se sont réunis dans le collectif Le Cri de notre forêt dès qu’ils ont découvert l’information, en octobre 2024.
Leur colère est d’autant plus forte que le projet s’implanterait dans une Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) de type 2, celle des Vosges moyennes, à 500 mètres d’une Znieff de type 1 — à la superficie plus réduite — au cœur de la réserve de biosphère de Moselle sud, reconnue par l’Unesco. Autant de couches de protection écologique qui apparaissent…
Auteur: Mathilde Doiezie

