Notre monde absurde pourrait être décrit ainsi : des touristes voyagent d’un endroit trop chaud à un autre endroit trop chaud, à bord d’avions à réaction brûlant des combustibles fossiles, qui créent encore plus d’endroits trop chauds. Jusqu’au crash climatique, quand toutes les destinations prisées des vacanciers seront devenues invivables.
Alors que l’Europe brûle et que des records de température sont relevés dans tout l’hémisphère Nord, l’aviation bat de nouveaux records. Le 23 juillet 2026 a été le jour avec le plus de voyages aériens commerciaux de tous les temps. Selon les données du service Flight Radar, 153.359 vols ont été comptabilisés dans le monde sur la même journée. Les images radar montrent un véritable essaim d’avions parcourant frénétiquement le monde, particulièrement l’Europe. Actuellement, un avion décolle quelque part sur la planète toutes les 0,27 secondes.
L’industrie de l’aviation ne s’est jamais aussi bien portée. Les constructeurs font des profits records et vendent un nombre sans précédent de modèles. Par exemple, Airbus prévoit de livrer 870 appareils en 2026, et a rempli son carnet de commandes pour 10 ans, boosté par les compagnies aériennes asiatiques. Même chose pour Boeing, qui n’a jamais vendu autant d’avions qu’en 2025 et 2026. Le record du nombre de vols de ce 23 juillet sera donc explosé l’été prochain.
Pourtant, le secteur de l’aviation est l’un des grands responsables du chaos climatique. L’aviation est responsable d’environ 5% du réchauffement mondial. C’est aussi la pollution la plus inégalitaire : 1% de la population mondiale représente 50% des émissions de l’aviation commerciale. Au sommet de cette pyramide, on trouve évidemment les ultra-riches utilisateurs de jets dont la consommation est démentielle par rapport au nombre de personnes transportées. Mais la classe moyenne occidentale qui fait des milliers de…
Auteur: B

