Crépuscule du marmiton

Il y eut une époque où Michel Onfray passait pour un libertaire demi-habile et pleinement prétentieux. Pour vendre de plus en plus mauvais livres, il a su faire sa mue en âne de plateaux télés et clown d’extrême-droite. Ali Benziane a eu l’étrange idée de lire son dernier opus L’autre collaboration, les origines françaises de l’islamo-gauchisme dans lequel le philosophe version Shein n’hésite pas à démontrer que Jean-Luc Nancy, Lacoue-Labarthe ou encore Deleuze n’était ni plus ni moins antisémites. En voici la note et peine de lecture.

La Belle sera réveillée, non par le baiser d’un prince charmant, mais par l’écho de la gifle retentissante que le maître de cuisine assénera au marmiton.
Walter Benjamin

Dans sa réinterprétation du conte La Belle au bois dormant, Walter Benjamin identifie la vérité à la Belle tout en reléguant le prince charmant aux oubliettes. Pas de baiser langoureux, Benjamin nous emmène dans les bas-fonds du château, dans les coulisses du grand théâtre historique, précisément là où tout se joue. Car la Belle de Benjamin n’est pas celle des contes de fées, elle gît, plongée dans un long et profond sommeil, dans un monde où la vérité est malmenée, violée, souillée. Il ne peut y avoir de happy-ending folklorique mais une lutte de tous les instants, souterraine, impitoyable.

L’une des plus belles définition de la vérité se trouve dans ce poème de Jalaluddin Rumi :
La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve.

De nos jours, les pseudo penseurs et autres philosophes de papier ne se contentent pas de ramasser les fragments du miroir de Rumi. Ils les utilisent comme une arme, éraflant, écorchant, tailladant leurs ennemis jurés, à savoir les véritables penseurs qui ne prétendent pas détenir la science infuse, mais essaient patiemment de reconstituer le miroir,…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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