La famine progresse, les convois humanitaires sont attaqués, les viols se multiplient et les enlèvements deviennent monnaie courante. Dans cette région de l’ouest du Soudan ravagée par la guerre, les souffrances de la population ont atteint, selon la CPI, un niveau intolérable.
« Nous disposons de motifs raisonnables de croire que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis, et continuent de l’être, au Darfour », a indiqué jeudi la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question.
L’enquête s’intensifie
Né en avril 2023 d’une lutte de pouvoir entre l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, le conflit a entraîné le Soudan dans une spirale de violences et d’effondrement, à l’image de la famine, qui se propage notamment à travers le Darfour.
Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas.
Depuis le début de l’année, le tribunal international a intensifié ses enquêtes dans l’État du Darfour occidental, sous le contrôle des FSR. Les équipes de la cour se sont notamment rendues à plusieurs reprises dans des camps de réfugiés soudanais au Tchad voisin, afin de recueillir des témoignages.
À Port-Soudan, une ville portuaire de l’est du pays où l’armée régulière a déplacé son administration, fuyant l’instabilité dans la capitale Khartoum, des contacts ont été établis entre la cour et les autorités de transition afin d’identifier de nouveaux témoins.
Au total, plus de 7 000 éléments de preuve – documents, témoignages, données numériques – ont été collectés.
Violences sexuelles
« Le viol et les violences sexuelles sont utilisés comme armes de guerre », a notamment alerté Mme Khan. La procureure adjointe…
Auteur: Nations Unies FR

