Les manifestations du 17 octobre, marquées notamment par des pillages et des dégradations, ont relancé les discours sécuritaires et les accusations politiques. Une fois encore, l’immigration est érigée en coupable idéale, tandis que les inégalités sociales, la précarité et les politiques qui les aggravent disparaissent du procès. Pourtant, les recherches en criminologie montrent que la délinquance ne s’explique pas par l’origine des individus, mais par un ensemble complexe de facteurs individuels, familiaux, scolaires et sociaux, eux-mêmes influencés par les conditions matérielles d’existence et les inégalités.
[Article initialement publié le 12 août 2026, mis à jour le 23 octobre 2026 | Temps de lecture estimé : 9 min]
En 1993 déjà, une méta-analyse publiée dans Criminal Justice Review, rassemblant les résultats de 34 études, montrait que 97 % des 76 coefficients de corrélation entre les inégalités économiques et les crimes violents étaient positifs. Bien que publiée il y a plus de 30 ans, elle demeure une référence importante pour avoir systématiquement documenté le lien entre pauvreté, inégalités de revenus et criminalité violente. Les recherches plus récentes ont depuis cherché à mieux comprendre les mécanismes qui peuvent expliquer cette association.
Mais qui produit et entretient cette précarité ? Les inégalités sociales ne sont pas une fatalité. Elles résultent aussi de choix politiques, de rapports de domination et d’un système économique qui concentre les richesses et les ressources entre les mains d’une minorité.
Les conditions sociales favorisent l’apparition d’autres facteurs de risque
Les inégalités économiques n’agissent pas uniquement de manière directe. Elles influencent également de nombreux facteurs qui, eux-mêmes, augmentent le risque de délinquance. Une vaste revue parapluie publiée en 2024 permet de dresser un état des connaissances particulièrement…
Auteur: Elena Meilune
