Crise agricole : devoir de solidarité

La dermatose est à l’évidence la goutte d’eau qui fait déborder le vase des agriculteurs. Exaspérés par une situation économique parfois fragile, ils souffrent, on le sait depuis longtemps, d’un manque de reconnaissance de la part d’une société qu’ils ont l’impression de nourrir tout en demeurant invisibles. C’est en particulier le cas des éleveurs. Sans doute serait-il abusif de parler de divorce entre les Français et leurs agriculteurs, mais l’on peut évoquer une forme d’indifférence. Année après année, les études montrent qu’à âge comparable, les assurés du régime agricole ont un risque de décès par suicide supérieur de 60 % entre 15 et 64 ans, et de plus de 70 % après 65 ans.

On peut comprendre la colère des agriculteurs, mais il faut aussi faire crédit aux autorités françaises de leurs efforts dans le traitement de cette crise. Depuis des mois, des vétérinaires, scientifiques, et même l’armée, ont été mobilisés. Naturellement, les recherches pour pouvoir détecter les bêtes asymptomatiques doivent avancer plus rapidement afin de pouvoir permettre de ne pas abattre l’entièreté d’un troupeau lorsqu’une seule vache est malade. Mais il semble que pour l’heure, il n’y ait pas d’autres solutions pour résoudre la crise. Ce sont ces circonstances difficiles qui doivent être prises en compte, aussi bien par nos responsables politiques que par chacun de nous. Nous devons cette solidarité à nos agriculteurs.

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