Il y a eu l’ouragan Irma, à Saint-Martin, puis le cyclone Chido, à Mayotte. En Guadeloupe, Pointe-à-Pitre prend l’eau, comme un village de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, abandonné face à une submersion devenue inévitable. Le 3 juin, le Réseau Action Climat (RAC) a dévoilé un grand panorama de la vulnérabilité des territoires d’outre-mer face à la crise climatique.
Le tour d’horizon est limpide : aucun n’est épargné. Les premières victimes ne sont autres que ces archipels, ces îles et la Guyane. Le résultat de politiques d’adaptation « pensées en Hexagone, pour l’Hexagone », déplore Benjamin Crettenand, coauteur du rapport.
Reporterre — De par leurs caractéristiques géographiques, les territoires d’outre-mer sont naturellement exposés aux aléas climatiques. Ce n’est pas la seule raison de leur vulnérabilité, détaillez-vous dans ce rapport.
Benjamin Crettenand — La plupart de ces territoires sont des îles, quasiment toutes localisées en zone tropicale, avec des reliefs souvent accidentés. Leur exposition, aux cyclones tropicaux notamment, est ainsi forte. En revanche, des facteurs structurels et historiques augmentent aussi leur vulnérabilité.
Déjà, les inégalités socio-économiques et les situations de précarité, notamment d’accès à l’eau, y sont très marquantes. À Mayotte, le taux de chômage grimpe à 35 %, et 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national — contre 7,1 et 14,4 % en France hexagonale.
Or, les personnes les plus démunies sont aussi les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. Elles n’ont pas les moyens de vivre dans un habitat solide, isolé de la chaleur et des risques côtiers.
Enfin, n’oublions pas que des activités humaines aggravent cette vulnérabilité. On observe une forte urbanisation littorale dans la quasi-totalité de ces régions. Sans parler de la déforestation, des modèles…
Auteur: Emmanuel Clévenot

