Le gouvernement s’est penché au chevet des compagnies aériennes, mercredi 6 mai. Alors qu’avec l’arrivée des beaux jours, celles-ci commencent à remplir leurs avions, la guerre au Moyen-Orient a fait doubler le prix du kérosène, et exploser leurs coûts. Conséquence : la hausse des suppressions de desserte dans le monde — sauf au Moyen-Orient — atteint +36 %, constatait récemment Le Monde.
Pour les entreprises françaises du secteur, le gouvernement a donc annoncé des reports de charges fiscales et sociales, et la possibilité de contracter des prêts auprès de la Banque publique d’investissement. Une nouvelle aide, conjoncturelle, qui montre que le gouvernement ne voit pas du tout la nécessité d’accompagner une baisse des vols aériens, et « n’a pas de stratégie sérieuse pour l’avenir de l’aviation », déplore Jérôme du Boucher, responsable aviation chez Transport et Environment (T&E) France.
Reporterre — Que pensez-vous des mesures d’aide au secteur aérien annoncées le 6 mai par le gouvernement ?
Jérôme du Boucher — Rappelons que le secteur aérien pollue énormément, toujours plus, et que la modération de son activité est bien sûr nécessaire. Néanmoins, dans ce contexte de crise, laisser les compagnies aériennes faire faillite n’est pas la meilleure manière de modérer le trafic. Ces compagnies revendraient leurs avions à d’autres et, au final, cela ne changerait probablement pas grand-chose. En termes de gestion de crise, il est légitime de mettre en place des mesures de soutien de très court terme.
Est-ce vraiment légitime d’aider encore un secteur déjà bien subventionné ?
En France, en 2025, les exonérations fiscales qui s’appliquent au secteur aérien s’élèvent à environ 5 milliards d’euros, grâce à l’exonération de taxe sur le carburant, l’exonération de TVA pour les vols vers l’étranger et l’absence de marché carbone pour les vols…
Auteur: Marie Astier

