Il y avait urgence. Un mois après l’arrivée spectaculaire de plus de 70 000 migrants en deux jours dans l’enclave espagnole, la crise est loin d’être refermée. Si l’immense majorité d’entre eux sont depuis repartis au Maroc, plusieurs milliers se trouvent toujours à Ceuta. Madrid en dénombre environ 5 000 ; les autorités locales avancent un chiffre deux fois supérieur. Faute de capacités d’accueil suffisantes, certains dorment encore dans les rues ou sur les plages.
« Le contexte national espagnol est très compliqué. Pedro Sanchez a déjà traversé toute une série de crises », rappelle Carole Vinals, maîtresse de conférences en civilisation espagnole à l’Université de Lille. Mais cette fois, l’affaire dépasse largement les 18,5 km² de Ceuta.
Le Maroc, responsable mais pas coupable ?
Au cœur de la polémique, une question sensible : comment 70 000 personnes ont-elles pu franchir en quarante-huit heures l’une des frontières les plus surveillées entre l’Afrique et l’Europe ?
« Il n’y a pas de preuves » permettant d’affirmer que cette arrivée massive a été « conçue ou exécutée » par les autorités marocaines, a assuré ce jeudi Pedro Sanchez devant les parlementaires. S’il disposait de preuves « solides », son gouvernement agirait « avec toute la fermeté » nécessaire, a-t-il ajouté.
Une position déjà exprimée quelques jours plus tôt et qui suscite toujours autant…
Auteur: Steve Jourdin
