Crise du logement : il est temps de regarder du bon côté de la chaîne de responsabilité


Depuis des années, on répète que la France manquerait de logements. Sont tour à tour incriminés la démographie, le béton, les normes, les maires, les architectes, les écologistes, les touristes, les étudiants ou encore les migrants. Cette obsession pour les « responsables faciles » masque pourtant une réalité que les données rendent aujourd’hui incontestable : la crise du logement est d’abord le produit d’une concentration extrême de la propriété locative et d’une surcaptation des logements par les ménages les plus aisés.

Les derniers chiffres publiés par l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) permettent d’ôter les derniers doutes. Ils révèlent que 53,4 % des passoires énergétiques mises en location appartiennent aux 30 % de ménages les plus riches. Autrement dit : une passoire sur deux en location est détenue par les catégories les plus aisées. Plus frappant encore : 28 % de ces logements très mal isolés sont la propriété du seul dernier décile de revenus.


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Ceci n’est pas un accident statistique. C’est une structure. Et cette structure a des conséquences massives sur l’offre réelle de logements disponibles. Car derrière ces chiffres, il y a un phénomène dont on parle encore trop peu : la surcaptation. Lorsque des propriétaires aisés multiplient les biens (y compris des logements indécents, trop chers, ou impossibles à remettre sur le marché sans travaux) ils soustraient des milliers de logements à l’usage réel.

L’angle mort des passoires thermiques

Une part croissante des passoires énergétiques reste hors marché, non pas pour des raisons techniques, mais par refus…

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