Il y a cinq ans, la planète était paralysée par le Covid-19, une maladie inédite dont les scientifiques ignoraient quasiment tout. Cinq ans plus tard, le risque d’émergence de nouvelles maladies infectieuses est toujours aussi important. Le principal facteur de risque de pandémies est la dégradation des écosystèmes, rappelle Camille Besombes, spécialiste des zoonoses, médecin infectiologue, épidémiologiste et chercheuse au Sciences Po Médialab.
Reporterre — Le 17 mars 2020, débutait en France le premier confinement décrété par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Covid-19. De nouvelles maladies infectieuses pourraient-elles émerger ?
Camille Besombes — La communauté scientifique s’accorde même à dire que les émergences ou réémergences de maladies infectieuses sont de plus en plus fréquentes. Il peut s’agir de l’apparition d’un nouvel agent infectieux — comme le Sars-CoV-2 pour le Covid-19 — ou de la propagation d’un agent déjà connu dans de nouvelles régions ou à une échelle inattendue. Les deux phénomènes s’accélèrent.
Dans les années récentes, il y a eu le Covid bien sûr. Mais on peut parler du mpox, qui a émergé hors du bassin africain en 2022 et s’est propagé dans le monde rapidement, notamment au sein de la communauté homosexuelle. En ce moment, l’émergence de la grippe aviaire au virus H5N1 aux États-Unis est préoccupante. Les virus de grippe aviaire sont particulièrement surveillés, car ils ont des capacités de mutation et de passage de la barrière d’espèces. De plus, leur diffusion est respiratoire, ce qui facilite la transmission interhumaine.
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La biodiversité est elle-même très menacée par ces épidémies. Depuis 2021, la grippe aviaire H5N1 a décimé des colonies d’oiseaux sauvages en France et dans le monde, et des veaux marins au Chili. D’autres…
Auteur: Violaine Colmet Daâge

