Crise lycéenne : par une allocution sans annonces, Sébastien Lecornu cherche à « anesthésier » le mouvement, analyse Benjamin Morel

Un an s’est écoulé depuis son arrivée à Matignon et, comme au moment de sa prise de poste, Sébastien Lecornu doit faire face à une crise. Mais la mobilisation lycéenne est d’une tout autre ampleur que la journée de mobilisation contre les politiques d’austérité du 18 septembre 2025 qui avait tout de même rassemblé 500 000 personnes dans les rues.

Le blocus lycéen, lui, dure. Les revendications sont diffuses et, surtout, les mobilisations ont conduit à 6 629 interpellations depuis le début du mouvement et à la blessure de 761 policiers ou gendarmes, 89 personnels enseignants, 215 élèves, dont trois ont été gravement mutilés par des armes intermédiaires.

« Très old fashion »

Pris de court par l’ampleur de ce mouvement, parti de Créteil le 17 septembre mais passé sous les radars avec la venue du pape Léon XIV en France, Sébastien Lecornu a attendu mercredi soir pour déclarer dans une allocution enregistrée sur le perron de Matignon que « nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils (les lycéens) expriment ». La veille, aux questions au gouvernement de l’Assemblée, il avait surtout axé ses répliques sur la dénonciation des violences.

« Déjà, ce n’est pas son genre de prendre la parole. Une allocution sur le perron, c’est très old fashion. Ce que faisaient ses prédécesseurs, il y a 20 ou 30 ans. Je pense qu’il a voulu institutionnaliser et éviter la prise de risque qu’entraîne un échange…

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Auteur: Simon Barbarit