A l’heure où nous écrivons ces lignes, il ne fait plus beaucoup de doute que le gouvernement de Michel Barnier va tomber par l’adoption d’une motion de censure à l’Assemblée nationale. Pour justifier le choix contesté de la dissolution cet été, Emmanuel Macron avait avancé le risque d’une censure du gouvernement au moment du budget. Ce soir, son pari semble raté. Après avoir pris deux mois pour nommer un Premier ministre, son gouvernement aura duré à peine plus et devient le plus éphémère de la Ve République. Mais surtout, la situation de blocage politique se confirme car aucune majorité ne se dessine pour gouverner dans les mois à venir. « Même ce qui est le plus robuste dans nos institutions, la procédure budgétaire, est en train de craquer », observe Jean-Pierre Camby, professeur associé à université de Versailles Saint-Quentin et auteur de « Le travail parlementaire sous la Ve République », (ed. LGDJ)
« La Ve République traverse une épreuve du feu »
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, un premier consensus se dégage chez les juristes et historiens. Il réside dans le « présidentialisme » de nos institutions.
Et si pour Jean-Pierre Camby, « la Ve République est fatiguée », c’est moins le texte de la Constitution qui est en cause, que la pratique du pouvoir. « La concentration du pouvoir vers l’exécutif est en germe dans le texte de 58 mais, tout par la suite y a contribué. La…
Auteur: Simon Barbarit

