Fin mars 2025, une fillette de 6 ans décède suite à l’injection d’une thérapie génique expérimentale en Chine. Comment faire sens de cet événement ? Deuxième billet des Chroniques du bio-technofascisme en cours.
Plusieurs articles parus cet été relatent l’histoire de la mort d’une petite fille de 6 ans, sous le pseudonyme de Mei, lors d’un traitement de thérapie génique personnalisée et expérimentale dans l’hôpital Xinhua, affilié à l’université Jiaotong de Shanghaï. Bien qu’ayant eu lieu en mars 2025, l’affaire n’est révélée qu’en juillet 2026, dans une enquête de Science et Retraction Watch.
Les thérapies géniques
Le principe de la thérapie génique est simple : certaines maladies, comme la mucoviscidose, seraient dues à une mutation unique de l’ADN, située dans un seul gène. Remplacer ou modifier ce gène pour lui redonner sa forme normale guérirait la maladie. Un simple jeu de Lego ou de mécanique où il s’agirait de changer une pièce du système, comme un carburateur, pour que tout rentre dans l’ordre.
La méthode générale de la thérapie génique est d’injecter, dans les cellules ciblées, des molécules qui découpent l’ADN à des endroits spécifiques et qui réparent cet ADN, par exemple en y insérant un nouveau morceau. À toutes les étapes, la précision est évidemment cruciale.
Les premières tentatives de thérapie génique datent des années 1990, dans le contexte d’optimisme technologique démesuré du projet de séquençage du génome humain. À cette époque, les technologies utilisées pour modifier l’ADN sont celles de la recombinaison génétique, ou la transgénèse, développées à partir des années 1970. Dans les années 2010, le système CRISPR, plus rapide et plus précis, est adopté par toute la communauté scientifique et l’industrie pharmaceutique, notamment pour le développement de thérapies géniques.
Les risques liés aux thérapies…
Auteur: dev
