Un débat qui travaille le mouvement communiste français sur ce que d’aucuns appellent avec mépris le « wokisme » prend de l’importance ces dernières années, dans le contexte de la fascisation accélérée qui accompagne la crise capitaliste en Occident. Mon dernier article critiquait la tendance d’une partie de ce mouvement, que je qualifie de « guesdiste », à se démarquer systématiquement des questions « sociétales » (qu’on oppose mécaniquement aux questions « sociales ») pour mimer le purisme d’une lecture « orthodoxe » du marxisme, autrement dit une forme tellement immuable et exégétique qu’elle devient incapable de lutter dynamiquement contre les déviations révisionnistes actuelles (essentiellement post-modernes pour résumer).
Guesde n’est certes pas Doriot. Mais d’une certaine façon, par son « ouvriérisme étroit » et son chauvinisme, il y conduit. Nous y reviendrons.
Les questions qui font polémique -féministe, anticoloniale, antiraciste, écologique par exemple- toutes « sociétales » qu’elles soient, ont été posées et traitées dans la pratique par le camp socialiste au siècle dernier. A ce titre, elles fondent des convergences possibles pour les luttes actuelles, en cours de différenciation entre les réelles diversions bourgeoises post-modernes d’une part et les questions objectives qui doivent être résolues d’autre part pour unir réellement notre camp, celui du prolétariat. Dans sa nécessaire diversité (quand on est matérialiste), le prolétariat doit s’unir. Son unité n’est pas un état intangible et autoproclamé, mais une lutte consubstantielle à la lutte de classe, face à la bourgeoisie qui tente systématiquement de nous diviser.
Je souhaite répondre ici à une réaction de Gilles Questiaux, qui tient un blog intitulé Réveil communiste, à mon article « Remettre l’intersectionnalité sur ses pieds« . On trouvera cette réaction ici.
L’auteur me prête des…
Auteur: Guillaume SUING

