Crocodiles, cosmos, criminels climatiques, médias asservis… À lire en janvier

LIVRES

Dans l’œil du crocodile

En février 1985, alors qu’elle faisait du canoë dans une lagune du parc australien de Kakadu, la philosophe écoféministe Val Plumwood fut attaquée par un crocodile. Contre toute attente, elle survécut à sa morsure. Elle a tiré de cette expérience un récit, Dans l’œil du crocodile — L’humanité comme proie, publié pour la première fois en français fin 2021. Elle y raconte comment s’être retrouvée coincée entre des crocs a transformé sa vision de la place de notre espèce sur Terre. Exit les rêveries occidentales portant l’être humain au pinacle. Le voilà rappelé à sa condition de biomasse. « L’œil du crocodile, écrit-elle dans ce texte saisissant, me fit plonger dans ce que je considère désormais comme un univers parallèle, régi par des règles entièrement différentes : l’univers héraclitéen où tout coule, où nous vivons la mort de l’autre et vivons sa vie. »

Inachevé à la mort de la philosophe en 2008, ce texte a été complété par quatre essais ayant trait à notre rapport au vivant. Le tout dernier chapitre propose une réflexion captivante et poétique sur la manière dont le fait de concevoir nos corps comme de simples aliments pourrait changer notre compréhension de la mort. « La vie circule », écrit-elle, à travers notre chair consommée par d’autres membres de la communauté terrestre. Reconnaître que notre décès profite à d’autres formes de vie pourrait selon elle nous aider à accepter, voire honorer, « la dissolution de l’humain dans un flux plus qu’humain ».

Dans l’œil du crocodile — L’humanité comme proie, de Val Plumwood, éditions Wild Project, septembre 2021, 200 p. 20 euros.

Criminels climatiques

Des clubs privés de New York aux couloirs de l’Élysée, Mickaël Correia, journaliste au pôle écologie de Mediapart, a enquêté pendant deux ans sur les « fossoyeurs du climat ». Son livre, Criminels climatiques, révèle comment les trois géants que sont Aramco, Gazprom et China Energy déploient un arsenal de stratégies redoutables, de la corruption à l’écoblanchiment en passant par la colonisation, pour perpétuer notre addiction au carbone afin de continuer d’extraire, inlassablement, des combustibles fossiles dans les entrailles de la Terre. L’auteur de l’excellent Une histoire populaire du football n’a pas oublié de parler ballon rond et montre comment Gazprom est devenu un acteur majeur de l’industrie du football, pour balayer son image de pollueur. Spoiler : le…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Reporterre

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