Une coulée de boue et de débris, provoquée par l’effondrement d’un glacier à plus de 5 000 mètres d’altitude, a dévalé mercredi 26 août les vallées frontalières du Népal et de la Chine, engloutissant des villages entiers. Le bilan provisoire jeudi dans l’après-midi fait état d’au moins 362 morts et plus de 1 400 disparus, dont quatre touristes français.
Dans cette région reculée de l’Himalaya, la crue a frappé Syabrubesi ainsi que d’autres zones traversées par des pèlerins en route vers le mont Kailash et le lac Mansarovar au Tibet. L’été marque justement l’une des périodes les plus fréquentées pour effectuer ce pèlerinage, avant que la frontière chinoise ne se referme pour plusieurs mois.
L’affluence était particulièrement forte cette année, car selon le calendrier zodiacal tibétain qui suit un cycle de douze ans, 2026, « année du Cheval », est considérée comme exceptionnellement propice pour faire ce pèlerinage. Selon la croyance, effectuer le tour de cette montagne cette année équivaudrait, sur le plan spirituel, à le répéter 13 fois une année ordinaire. Un mérite qui attire un nombre de pèlerins bien supérieur à la normale.
Une montagne sacrée pour quatre religions
Le mont Kailash culmine à 6 638 mètres dans la région autonome du Tibet. Pour les hindous, il abrite Shiva et son épouse Parvati. Pour les bouddhistes tibétains, il est la demeure de Chenresig, l’incarnation de la compassion dont le dalaï-lama est considéré comme une émanation. Dans le jaïnisme, c’est à son sommet que Rishabhanatha, le tout premier des 24 maîtres de cette religion, aurait atteint l’illumination. Enfin la tradition bön, plus ancienne que le bouddhisme tibétain, y voit quant à elle le symbole de l’âme.
Non loin de là s’étendent les lacs Manasarovar et Rakshastal, eux aussi sacrés, tandis que quatre des plus grands cours d’eau d’Asie,…
Auteur: Margaux Acosta
