NEWSWEEK : Vous avez confirmé que les États-Unis et Cuba soutiennent actuellement des conversations, et vous avez proposé une coopération dans des domaines tels que la science, la migration, des mesures contre le trafic de drogues. Le président Trump semble chercher un changement de régime. Pensez-vous qu’il est possible de parvenir à un accord et que la diplomatie pourrait s’imposer ?
DÍAZ-CANEL : Je crois que le dialogue est possible, et je crois que nous pouvons parvenir à certains accords, mais c’est difficile. Pourquoi peut-on dire ces deux choses ?
Nous pouvons avoir un dialogue car, au fil des années de Révolution, Cuba a toujours eu la volonté de maintenir une relation civilisée, entre voisins, avec les États-Unis, indépendamment de nos différences idéologiques.
Nous pouvons travailler dans de nombreux domaines communs ; non seulement travailler, mais parvenir aussi à des accords bénéfiques pour les deux peuples et les deux nations. Mais nous avons toujours soutenu qu’il doit s’agir d’un dialogue respectueux, à égalité de conditions, respectueux de notre souveraineté, de notre système politique, de notre autodétermination, sur une base de réciprocité et conformément au droit international.
Si je vous dis que le dialogue est possible, c’est que nous avons été capables de l’avoir avec d’autres administrations étasuniennes, dans d’autres circonstances, et de converser sur des questions d’intérêt commun, avec plus de succès dans certains cas que dans d’autres. Par conséquent, le dialogue est possible.
Mais quels sont les facteurs qui le rendent plus difficile ? Tout d’abord, le fait que certains secteurs de la société étasunienne s’y opposent catégoriquement, quel qu’en soit le type.
De plus, cette relation entre Cuba et les États-Unis est asymétrique : la puissance qu’est les États-Unis s’est toujours présentée en agresseur, et la petite île de Cuba a toujours été la…
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