Cybercriminalité : avec l’IA, tout le monde peut devenir escroc

Plus besoin d’être un pirate informatique chevronné pour monter une escroquerie sophistiquée. Quelques instructions données à une IA peuvent désormais suffire à rédiger un courriel frauduleux convaincant, imiter la voix d’un proche ou fabriquer une vidéo destinée à tromper sa victime. Ce qui exigeait autrefois des compétences spécialisées devient accessible à un nombre croissant de délinquants. Et ce qui prenait des heures peut désormais être reproduit à grande échelle.

Dans un communqué publié vendredi, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) met en garde contre cette transformation de la cybercriminalité. L’IA ne crée pas nécessairement de nouvelles infractions, mais elle démultiplie les moyens de commettre celles qui existent déjà. Les attaques deviennent plus rapides, moins coûteuses et surtout plus difficiles à déceler.

Des escroqueries toujours plus crédibles

L’une des principales évolutions concerne les techniques de manipulation. Les messages d’hameçonnage, destinés à soutirer des informations confidentielles, peuvent désormais être rédigés dans plusieurs langues, sans les maladresses qui permettaient parfois de les reconnaître. Les logiciels de génération d’images, de sons et de vidéos rendent également possibles des usurpations d’identité d’un réalisme croissant.

La menace ne se limite pas aux particuliers. Entreprises, administrations et institutions financières peuvent être ciblées par des attaques combinant manipulation psychologique et intrusion informatique. L’IA permet d’automatiser certaines étapes, de personnaliser les approches et de multiplier les tentatives sans mobiliser davantage de personnel.

Cette évolution accompagne une démocratisation de la cybercriminalité. Lors d’un congrès des Nations Unies consacré à la prévention du crime, en septembre, des experts ont décrit l’émergence d’une véritable économie de services…

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Auteur: Nations Unies FR