Face au cyclone d’une extrême violence qui a dévasté l’archipel de Mayotte, Agnès Pannier-Runacher, ministre démissionnaire de la Transition écologique, a assuré sur X que le gouvernement est « 100 % mobilisé pour les Mahorais ». Alors que son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, est attendu ce lundi sur place, en compagnie de son homologue des Outre-mer, des renforts de militaires ont également été annoncés.
C’est le minimum attendu d’un gouvernement. Sauf que, si l’État avait réellement pris ses responsabilités vis-à-vis du 101e département français, le plus pauvre de France, en proie à une situation catastrophique tant dans les domaines de la sécurité que de la santé, la justice ou l’école, les conséquences du cyclone Chido auraient sans doute été moindres.
Des habitants qui se sentent abandonnés
Les habitants l’ont dit et redit à de maintes reprises ces dernières années : ils se sentent abandonnés et secourus uniquement lorsque leur vie en dépend. C’est d’ailleurs le sens du rapport rédigé par l’inspection générale de six ministères (Intérieur, Justice, Affaires sociales, Finances, Éducation nationale et Affaires étrangères), révélé par Mediapart en mars 2023, alors que celui-ci était dissimulé par le gouvernement depuis janvier 2022.
« C’est une sorte de faillite généralisée des administrations publiques, notamment de l’État qui n’arrive pas à endiguer les multiples crises qui secouent l’archipel depuis longtemps », résumait l’auteur de l’article, Fabrice Arfi.
Comme l’écrit pudiquement l’Insee, Mayotte présente « des caractéristiques démographiques et sanitaires hors normes au regard des standards métropolitains » : 77 % de la population y vit en dessous du seuil de pauvreté, soit cinq fois plus qu’en France métropolitaine.
Selon les derniers chiffres de l’Insee, le niveau de vie médian des habitants est sept fois plus faible…
Auteur: Alexandra CHAIGNON

