(Le Moule) Guadeloupe, correspondance
C’est un coup dur pour le monde de la météorologie, surtout dans les Caraïbes. Le ministère étasunien de la Défense et l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère (NOAA) viennent d’annoncer l’arrêt du partage des données de leurs satellites pour la surveillance des masses nuageuses et des phénomènes cycloniques dans l’Atlantique.
La suspension, d’abord prévue le 30 juin, devrait finalement prendre effet le 31 juillet. « Ce programme permet de mesurer, à l’aide de capteurs micro-ondes, la surface terrestre et maritime, afin d’obtenir des informations sur la formation des cyclones et ouragans », explique Samuel Morin, directeur du Centre national de recherches météorologiques (Météo-France, CNRS).
Lire aussi : Donald Trump sème le chaos dans les sciences du climat
Ces satellites servent également à observer avec précision l’intérieur d’un cyclone, là où les autres ne font que capturer des images à la surface des nuages.
« Ce retrait des Américains ne peut qu’entraîner une détérioration de la qualité de nos prévisions. Le programme existait depuis 2003. S’il s’arrête vraiment, nous n’avons rien qui puisse remplacer les données qui vont manquer, malgré nos autres capteurs, s’inquiète Samuel Morin. En météo, il y a beaucoup de variables atmosphériques, nous avons donc besoin du plus de données possible pour nos prévisions. »
Une saison cyclonique plus forte dans les Antilles
La nouvelle est d’autant plus malvenue qu’elle arrive en pleine saison cyclonique en Martinique et en Guadeloupe. Cette période, si elle s’annonce proche en termes d’intensité des moyennes des dix dernières années, reste « sensiblement supérieure à la normale des années 1991-2020 », précise le bulletin Météo-France pour le bassin Atlantique, la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique.
Le 22 mai, la NOAA annonçait une…
Auteur: Ludovic Clerima

