«Nous avons détruit Gaza, mais je ne ressens aucune culpabilité. Ce sont les animaux qui m’importent»
Les fascismes et les génocides reposent toujours sur les mêmes discours : déshumaniser des populations entières pour justifier des massacres. Dans leur obsession de la hiérarchie raciale, les nazis qualifiaient les juifs et les tziganes de nuisibles, et les comparaient à des insectes ou à des maladies. Durant le génocide au Rwanda, les radios de propagande utilisaient le terme péjoratif «Inyenzi», c’est-à-dire «cafards», à l’égard des Tutsi. Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant déclarait en octobre 2023 à propos du peuple de Gaza : «Nous combattons des animaux humains, et nous agissons en conséquence».
Mais la perversité du génocide commis par Israël est singulière : d’un côté les palestiniens sont animalisés et massacrés, de l’autre leurs animaux sont humanisés et protégés. Israël organise le premier «greenwashing» génocidaire de l’histoire.
Le bien-être des crocodiles au-dessus des détenus palestiniens
Dimanche 2 août, le tribunal de Jérusalem a suspendu l’utilisation de crocodiles pour encercler la prison de Ketziot, un centre concentrationnaire de 400.000 mètres carrés au milieu du désert du Néguev, tristement connu pour ses conditions de détention épouvantables. Le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir avait annoncé en juillet le transfert de crocodiles pour garder les détenus palestiniens, et dévorer ceux qui tenteraient de s’échapper. Un projet inhumain, visant à durcir encore les conditions d’enfermement et à produire un effet de terreur. Il avait reçu le soutien de la ministre israélienne de l’environnement Idit Silman, qui avait modifié le statut des crocodiles “d’animaux sauvages” à celui “d’animaux élevés en captivité”. Des agents du service pénitentiaire israélien s’étaient même rendus dans une ferme…
Auteur: B

