Au motif que son adoption serait peu probable, les socialistes affaiblissent la taxe Zucman. Déposée en février par le groupe écologiste et social, celle-ci avait pourtant reçu le soutien du Nouveau Front populaire (NFP), tandis que la droite et les macronistes s’y opposaient et que le Rassemblement national (RN) s’était abstenu.
Le 26 octobre, le parti d’Olivier Faure a préparé un amendement visant à contourner les critiques faites sur la taxe Zucman. En résumé, cet « impôt minimum sur les hauts patrimoines » prévoit d’abaisser le plafond de 100 millions d’euros, dans la version de départ, à 10 millions d’euros de patrimoine, et de monter le taux de 2 à 3 %. Seulement voilà, les socialistes ont prévu plusieurs exemptions : les entreprises familiales et celles dites innovantes ne seraient pas visées par cet impôt.
Résultat : la mesure rapporterait entre 5 et 7 milliards d’euros. Bien loin donc des 20 milliards d’euros visés dans la proposition de loi initiale déposée par Éva Sas (Les Écologistes) et Clémentine Autain (L’Après).
Pour Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, « il ne faut pas réagir en fonction de ce qui est le moins pire, mais se demander plutôt qui faut-il mettre à contribution ».
Reporterre — Que pensez-vous de la proposition des socialistes de cette taxe Zucman version allégée ?
Cyrielle Chatelain — L’objectif de la taxe Zucman est de mettre à contribution les ultrariches à la hauteur de leur patrimoine. La proposition de loi a été adoptée en février dans la journée parlementaire des écologistes et elle était défendue par toute la gauche. Je suis convaincue que ce qui a d’ores et déjà été adopté doit continuer d’être défendu.
La version poussée par l’amendement déposé par les socialistes revient à créer des conditions et donc à faire des trous dans cette taxe : elle donne la…
Auteur: Fanny Marlier

