D’abord New York, maintenant Berlin !

Bon, Berlin n’a pas encore tout à fait une maire de gauche radicale. Mais Die Linke, le parti de gauche qui a remporté dimanche les élections régionales à Berlin, est en bonne position pour diriger le prochain gouvernement de la ville. Alors même que l’extrême droite progresse dans toute l’Allemagne, Die Linke s’est distinguée par une défense résolue de la société multiethnique et par l’attention constante qu’elle porte au coût de la vie et au logement. De nombreux Berlinois et Berlinoises l’en ont récompensée.

Ce résultat vient conforter un parti qui, il y a seulement deux ans, était sous perfusion après de pénibles conflits internes. Nombre des conditions de son essor[1] étaient déjà réunies à l’époque. Depuis longtemps, la population berlinoise voyait ses loyers augmenter ; depuis des décennies, le centre gauche de l’establishment réduisait les protections sociales et les droits du travail ; et l’appel à se mobiliser contre la montée du nationalisme n’avait rien de nouveau non plus. Pourtant, ce n’est que récemment que Die Linke est sortie de ses querelles internes pour devenir une force capable de s’adresser à la société et de mobiliser la résistance à la dérive réactionnaire actuelle de la politique allemande.

La campagne de Die Linke s’est concentrée sur le coût de la vie et, plus particulièrement, sur les loyers. Berlin-Ouest était historiquement moins chère que les principales villes de la République fédérale et, même après la réunification, la capitale disposait encore de vastes espaces vacants. Mais la vente du parc de logements publics à des investisseurs privés à la recherche de profits dans les années 1990 et 2000, conjuguée au manque de nouvelles constructions, a fait grimper les coûts. En 2021, la population berlinoise a voté par référendum en faveur de la renationalisation du parc immobilier, mais le gouvernement de la ville n’a pas donné suite au…

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Auteur: ugopalheta