Dans son ouvrage “Le monde ou rien. Histoire du mouvement autonome en France“, riche en références et anecdotes (notamment montpelliéraines), le chercheur en sciences politiques Arthur Pouliquen retrace un demi-siècle de luttes, de squats et d’affrontements, depuis les années 1970 jusqu’aux Gilets jaunes. À travers cette enquête, il interroge la portée politique d’un courant méconnu et souvent diabolisé : celui qui revendique l’autonomie comme manière de vivre et de lutter
Le Poing : qu’est-ce qui t’as poussé à écrire un livre sur le mouvement autonome ?
Arthur Pouliquen : Cela vient d’une frustration de ne pas trouver d’histoire globale du mouvement. En passant d’une librairie à l’autre, je me suis rendu compte qu’il y avait soit des bouquins de journalistes assez sensationnalistes sur le black bloc du genre “pourquoi ils cassent tout ?”, ou des livres d’universitaires très précis qui touchaient à un seul aspect du phénomène. J’ai donc décidé d’en retracer une histoire globale.
Le Poing : quelle méthodologie as-tu adoptée pour enquêter sur un courant aussi méfiant vis-à-vis des institutions, y compris des chercheurs ?
A. P. : J’ai lu ce qu’ils écrivaient, dans des journaux des années 70 ou 80, compilés sur des sites comme archives autonomies, qui m’ont été très précieux. J’ai aussi regardé des documentaires, des chroniques judiciaires, des récits faits par leurs adversaires ou concurrents politiques, ainsi que des entretiens avec des gens qui ont participé soit récemment soit il y a quelques décennies au mouvement. J’ai aussi étudié des tracts, affiches, compilés sur les quinze dernières années.
Le Poing : ton livre s’intitule Le monde ou rien. Pourquoi ce slogan, et que dit-il de la philosophie du mouvement autonome ?
A. P. : C’est une référence à une chanson de rap du groupe PNL, qui est apparue sur une banderole en 2016, pendant la loi Travail, qui a été le…
Auteur: Elian Barascud

