Daddy de Marion Siefert

Mara est une adolescente pauvre. Sur internet elle rencontre Julien, qui deviendra son producteur, son « daddy ». Si Mara consent à abandonner sa famille, Julien lui propose de réaliser son rêve : devenir une star, sortir du monde terne de la réalité, être habillé des plus beaux habits. Ce chantage nous le connaissons, il dure depuis le début du XXe siècle : les capitalistes nous promettent la réalisation du paradis sur terre en échange de la destruction de toute communauté.

Julien, bien habillé, sourire stéréotypé, apparaît en ligne avec les tours de New-York en toile de fond. C’est avec un discours à la Macron qu’il parvient à séduire Mara : ses parents ne l’aideront pas à réaliser son rêve, il faut qu’elle se libère d’eux. Mara accepte et se retrouve projetée dans Daddy, un jeu virtuel où elle peut devenir une star. En acceptant son arrachement, elle se retrouve enfermée dans le game, au cœur de l’utopie capitaliste, dans un espace hors-sol où elle devient un objet de spéculation.

Dans Daddy il ne semble pas y avoir de porte de sortie et l’univers devient de plus en plus sombre. Les femmes sont isolées les unes des autres et mises dans une compétition implacable. Mais les hommes-producteurs comme les femmes-produits sont en concurrence permanente ; tous sont tenus dans une anxiété paralysante. Daddy est une métaphore de la société néolibérale. La pièce passe par plusieurs tableaux pour mettre en scène son caractère vampirique et oppressant.

Théâtre contre Spectacle

Julien le jeune entrepreneur est une figure type du capitalisme d’avant-garde. Mara est capturée via internet et par l’espoir d’un travail fun. Nous pouvons dire que le capitalisme cybernétique est la structure matérielle de Daddy. La pièce insiste sur ce point par des jeux d’écrans et par l’utilisation d’images de jeux vidéos. Ce néo-rêve capitaliste, qui est la réalisation d’une communauté totale de…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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