Dans le bassin du lac Tchad, la branche affiliée connue sous le nom d’État islamique en Afrique de l’Ouest a renforcé son emprise. En Afghanistan, l’État islamique au Khorasan demeure, selon M. Zouev, « l’une des menaces les plus graves pour la région et au-delà », capable de reconstituer rapidement ses rangs malgré un recul du nombre d’attaques.
Mais la mutation la plus préoccupante se situe au niveau financier. « Daech et d’autres groupes ont élargi leur recours aux actifs virtuels, y compris les crypto-monnaies, ainsi qu’aux outils cybernétiques, aux systèmes aériens sans pilote et aux applications avancées de l’intelligence artificielle », a expliqué le responsable. Les circuits financiers se fragmentent, se dématérialisent, se dissimulent. Les outils de propagande sont de plus en plus sophistiqués. Les cibles du recrutement se rajeunissent. « Les jeunes et les enfants figurent parmi ceux qui sont délibérément visés », a-t-il souligné.
Une résilience difficile à contenir
Mais cette capacité d’adaptation n’est pas seulement le fruit d’une ingénierie clandestine. Elle s’alimente aussi d’une résilience organisationnelle que les dispositifs internationaux peinent à contenir. Selon Natalia Gherman, à la tête du Comité contre le terrorisme, Daech a su encaisser les pressions accumulées au fil des ans, sans renoncer ni à ses opérations ni à ses ambitions financières. Les attaques se poursuivent, à des degrés divers, tandis que les campagnes de levée de fonds gagnent en sophistication, en particulier dans les espaces numériques moins régulés.
Une riposte internationale patiente
Face à cette menace persistante, l’ONU mise sur un travail patient, technique, souvent invisible. Le Comité contre le terrorisme, créé par le Conseil, a multiplié les missions d’évaluation sur le terrain – de l’Autriche au Tadjikistan, en passant par le Cameroun, le Tchad, la Somalie ou Malte – afin…
Auteur: Nations Unies FR

