Une Française, membre du groupe dit de Vesoul, a été condamnée lundi 15 décembre par la cour d’assises spéciale de Paris à huit ans d’emprisonnement pour avoir rejoint le groupe État islamique (EI) en Syrie en 2014, avant son rapatriement en 2022.
Les trois jours de procès ont retracé le parcours de Lucie C., parmi les premières rapatriées en avion militaire, le 5 juillet 2022, après plus de trois ans dans les camps d’Al-Hol et Roj du nord-est syrien. Deux de ses enfants, nés en France et parties civiles au procès, avaient été rapatriés avant elle début 2021.
Issue d’une famille non pratiquante, elle connaît une enfance sans difficultés matérielles mais marquée par une soumission à ce qu’elle décrit comme la terreur paternelle, qu’elle fuit sitôt majeure et son BEP de petite enfance en poche pour rejoindre un Franco-turc rencontré à 16 ans.
Puis c’est l’engrenage. Son cercle d’une dizaine d’amis de Haute-Saône, abreuvés de vidéos d’exactions, sombre en quelques mois dans la radicalité. Leur connaissance de l’islam reste néanmoins très limitée. Son frère Benjamin C, et son conjoint sont particulièrement « fanatisés », dit celle qui affirme aussi se soumettre pour expier un adultère.
Obligation de soins et suivi sociojudiciaire
La plupart sont comme elle des convertis et représenteront 23 % de tous ceux partis dans la zone irako-syrienne, selon la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Quand elle quitte la France pour la Syrie en voiture en septembre 2014, « le califat » transfrontalier du groupe EI vient d’être auto-proclamé. Là-bas, elle dit se sentir « à sa place » et « bien vivre » dans de vastes appartements, bénéficiant du statut social de son conjoint.
Ce dernier occupera des fonctions importantes dans l’appareil sécuritaire de Daesh, de la prison de Raqqa à la police des mœurs et l’Amni, la branche du groupe…
Auteur: La Croix (avec AFP)

