Dans la bande de Gaza, la mort rôde autour des journalistes

« Cher journal (…) Je me réveille chaque jour en me demandant si c’est le dernier. » Ces quelques mots, la journaliste gazaouie ­Plestia Alaqad les a griffonnés sur un cahier, dont elle a posté la photo jeudi 26 octobre sur son compte Instagram, suivi par 1,2 million de followers. La peur viscérale de cette reporter de 22 ans se lit au prisme du terrible bilan pour sa profession depuis l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël le 7 octobre et la guerre dans la bande de Gaza.

D’après le Comité de protection des journalistes (CPJ), 24 reporters – 20 Palestiniens, trois Israéliens et un Libanais – ont été tués dans l’enclave palestinienne en moins de trois semaines, et avant même l’offensive terrestre israélienne redoutée. La dernière victime en date, Duaa Sharaf, présentatrice à la radio Al Aqsa, a été tuée avec son enfant dans la nuit de mercredi à jeudi dans un bombardement sur sa maison, dans le centre de la bande de Gaza.

Le bilan élevé du CPJ est très probablement sous-évalué : l’organisation, installée à New York, enquête sur les cas d’une centaine de journalistes tués, disparus, détenus ou menacés. Ce tribut dépasse déjà celui de la guerre en Ukraine, qui, en un an et demi, a causé la mort de 17 journalistes et fixeurs, mais aussi de la seconde intifada (2000-2005), au cours de laquelle 13 professionnels de l’information avaient été tués.

Les centaines de journalistes présents dans le petit territoire sous blocus israélien sont contraints de travailler sous les bombes de ­Tsahal, l’armée de défense d’Israël, et sous le joug du Hamas. Un contexte éprouvant auquel s’ajoutent désormais des conditions d’hygiène sommaires et des pénuries en cascade. « Ce que je poste ou couvre représente 10 % ou moins de ce qui se passe. Internet, l’électricité et le problème du fioul rendent mon travail de journaliste plus difficile. Je perds mes mots pour décrire la…

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Auteur: Julie Connan

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