La camionnette flanquée du logo violet emporte une grande thermos brûlante, des biscuits, du sucre en morceaux et des préservatifs. Tous les quinze jours, Anne Okaïs embarque pour une maraude dans les alentours de Valence, préfecture de la Drôme, autour des spots de prostitution de rue. Aujourd’hui, c’est Claire qui pilote. Cette éducatrice à la retraite a toujours été « militante ». Ce n’est que sa deuxième maraude avec Anne, mais c’est avec aisance et chaleur qu’elle vient toquer à la vitre des camions pour proposer une boisson chaude et une discussion.
Les maraudes du vendredi font partie des quatre missions que s’est fixées Réseau femmes à l’abri 26 : l’hébergement, la convivialité au travers d’activités et de séjours, les activités itinérantes et les maraudes. L’association, créée il y a trois ans par Anne Okaïs, travailleuse sociale de 40 ans, vient en aide aux femmes victimes de violences, en difficulté ou sans papiers sur le territoire drômois. Jusqu’ici bénévole, Anne est salariée à temps partiel depuis septembre, en plus de son travail d’assistante sociale chez Sorosa, une structure locale d’accompagnement pour personnes exilées.
Une dizaine de bénévoles et Anna Mathieu, chargée de développement associatif recrutée en janvier, gravitent entre les locaux prêtés par la mairie de Crest et le camion aménagé en bureau mobile, acquis en mars 2023.
Sur la question de la prostitution, Réseau femmes à l’abri est « résolument pro-choix ». D’un côté, elle tisse un lien avec des travailleuses du sexe qui ont fait le choix de ce travail – « car c’en est un », martèle Lesley*,…
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Auteur: Zoé Neboit


