Histoire d’une police qui assassine
C’était il y a 37 ans, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. Malik Oussekine, jeune étudiant parisien âgé de 22 ans, est froidement assassiné par trois voltigeurs, des policiers à moto, matraqué jusqu’à la mort dans l’ombre d’un hall d’immeuble. Le même jour, Abdel Benyahia est lui aussi victime du tir mortel d’un policier, hors service cette fois-ci.
La mort de Malik Oussekine intervient dans un contexte de contestation étudiante contre le projet de réforme universitaire du ministre Devaquet. Après avoir donné l’ordre aux CRS d’évacuer les manifestant-es au sein de la Sorbonne, les voltigeurs sont envoyés à la recherche de «casseurs» imaginaires, une véritable traque policière d’une rare violence s’ensuit contre les potentiel-les contestataires.
Malik Oussekine, qui passait par là, tente de se réfugier dans un hall d’immeuble où il sera pris au piège par trois policiers… L’État tente d’étouffer la révolte par un acte d’une infâme barbarie, en instaurant la peur.
Le Samu intervient quelques minutes plus tard. Le décès de Malik Oussekine ne sera déclaré à l’hôpital Cochin que plus tard dans la nuit. L’avocat de la famille du défunt révèle les jours suivants que le rapport du médecin contredit la version officielle : la mort du jeune étudiant était constatée dès minuit, juste après la passage à tabac des policiers. Les autorités tentent de semer le trouble, jouant sur le fait que la victime était en insuffisance rénale. Le ministre chargé de la sécurité déclare dans les médias : «si j’avais un fils sous dialyse je l’empêcherais de faire le con dans la nuit». Une tentative volontaire de dissimuler la responsabilité des agents, avec la collaboration du service hospitalier, et d’inverser l’accusation.
Le même jour, dans la ville de Pantin, le jeune Abdel Benyahia, 20 ans, est lui aussi assassiné par un inspecteur de police…
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Auteur: B

