La vidéo, devenue virale, de policiers municipaux carcassonnais tenant des propos racistes, mais également misogynes, le rappelle de manière abjecte : l’entre-soi masculin dans la police favorise la célébration des valeurs viriles. « Le père, c’est le père à la base, c’est lui qui bande et qui a les muscles. Cro-Magnon ça marchait comme ça… » déblatèrent les policiers, dont un est proche du Rassemblement national (RN), dans la vidéo rendue publique le 9 septembre par Midi Libre.
Jusqu’à la fin des années 1970, la police était quasi intégralement composée d’hommes. Aujourd’hui encore, les femmes ne représentent que 30 % des effectifs de la police dite de « sécurité publique » et leur répartition est inégale : marginale dans les unités où l’utilisation de la force physique est centrale, leur présence est plus marquée dans les services administratifs et aux postes de commandement, comme, par exemple, ceux de commissaire. Dans les rangs des polices municipales, cette inégalité est davantage marquée, avec environ 20 % de femmes.
Le fossé est plus flagrant encore au sein des élites policières du pays : depuis la Seconde Guerre mondiale, une seule femme a occupé le poste de ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, entre 2007 et 2009. Mais à quoi conduit cette surreprésentation masculine ? A-t-elle un effet sur la manière dont fonctionne l’institution, dont le métier est pratiqué ? Peut-on réformer la police sans remettre en cause ce monopole viril ? Entretien avec le sociologue Jérémie Gauthier, dont une partie des recherches porte sur les questions de virilisme et de genre au sein de la police.
Auteur: Guillaume Bernard
