D’un côté, une forêt dense, haute et diversifiée où cohabitent des aulnes, des frênes, des saules, et quelques chênes. Ceux-ci n’ont jamais connu le passage des machines prêtes à les abattre. De l’autre, une horde de peupliers qui se parent doucement des couleurs d’automne. Ceux-ci n’existaient pas il y a quelques années au bord du Tescou, la rivière au cœur de la zone humide.
« La nature a bien repris ses droits ! Mais à cet endroit, les souches des arbres avaient été arrachées et tout avait été rasé. Là, ce sont des repousses de peupliers qu’on ne voulait pas forcément garder car ils assèchent la zone », décrit Françoise Blandel, coprésidente de l’Union protection nature environnement du Tarn (Upnet) qui fait partie du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet.
On demandait un dialogue depuis 2011 sur ces sujets donc le refuser n’aurait pas été cohérent.
C. Pince
Il y a dix ans, ce havre de biodiversité qui abritait près d’une centaine d’espèces protégées était le lieu où devait émerger un barrage, afin d’abreuver les agriculteurs de la vallée du Tescou, à cheval entre le Tarn et le Tarn-et-Garonne. Un réservoir d’un volume d’eau de 1,5 million de m3 sur 42 hectares au pied de la forêt de Sivens, dont 13 hectares en zone humide.
Mais, le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse est tué par une grenade offensive de la gendarmerie sur le chantier lors d’une mobilisation contre le projet de barrage. En 2015, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal annonce l’abandon définitif du projet et, l’année suivante, celui-ci est déclaré illégal. Les problèmes de gestion d’eau ne se sont pas éteints pour autant.
Sur le même sujet : « Il faut repolitiser la gestion de l’eau »
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Auteur: Vanina Delmas

