L’ambiance était tendue. Trump a fait de cette campagne des élections de mi-mandat un référendum sur sa personne. Il l’a lui-même organisé ainsi, demandant expressément aux électeurs républicains de « faire comme s’il était sur le bulletin de vote ». L’élection s’est ainsi transformée en enjeu existentiel pour les démocrates : perdre et s’enfoncer pour encore de longues années dans les abîmes ou gagner et respirer. Des militants aux sondeurs en passant par les médias, et bien sûr, les politiciens eux-mêmes, tous ont été précautionneux jusqu’au bout du bout. Tous n’ont pas voulu croire en cette vague bleue annoncée à bas bruit, espérée prudemment. Moi non plus, trop marquée par les réminiscences de la campagne présidentielle de 2024.
Ce soir, c’est le sourire aux lèvres de chaque militant.e démocrate croisé.e que j’ai en tête.
Ce soir, c’est le sourire aux lèvres de chaque militant.e démocrate croisé.e que j’ai en tête. C’est chaque résultat qui tombe l’un après l’autre d’une victoire démocrate, d’une première fois – première femme noire gouverneure (Géorgie), première femme amérindienne gouverneure (Nouveau Mexique), première femme latino gouverneure (Texas), premier sénateur musulman (Michigan) – à des annonces incroyables – un sénateur démocrate au Texas, ce qui ne s’est pas fait depuis 30 ans, un sénateur démocrate au Kansas, impensable depuis la Grande Dépression. C’est aussi cette fatigue de la campagne transformée en soulagement. L’enthousiasme viendrait après, quand la vague bleue s’est transformée en tsunami !
Nous sommes pourtant revenus de très loin. Pour cette deuxième campagne aux États-Unis après l’échec tonitruant de 2024 de l’appareil démocrate (car ce n’est pas la seule défaite de Kamala Harris mais bien un raté historique du Parti…
Auteur: Claire Rabès
