Dans le golfe du Lion, des parcs éoliens lancés sans prise en compte des oiseaux

C’est l’histoire d’une étude cruciale arrivée — hélas — après la bataille. D’un calendrier dramatiquement désynchronisé entre la recherche scientifique et l’État. De pouvoirs publics pressés au point de naviguer à vue, sans boussole environnementale. Et dont les décisions pourraient se solder par la perte de nombreux oiseaux dans le golfe du Lion, joyeux repère de flamants roses, de puffins yelkouans, d’ibis falcinelles et de crabiers chevelus.

Cette histoire, c’est celle du programme Migralion, restitué publiquement cet automne dans une relative indifférence médiatique et politique. Lancé en 2021, grâce à une enveloppe de 4,2 millions d’euros cofinancée par l’État et les Régions Sud et Occitanie, ce programme avait pour objectif de documenter la manière dont les oiseaux marins et migrateurs fréquentent le golfe du Lion, dans le contexte du développement de l’éolien offshore en Méditerranée.

Un décret gouvernemental avant les résultats de l’enquête

Afin de réaliser ses objectifs de neutralité carbone, l’État prévoit, d’ici 2050, d’atteindre une puissance installée d’éoliennes en mer d’environ 45 gigawatts (GW). Ces structures nécessaires à la lutte contre le changement climatique pouvant être néfastes aux oiseaux (en les tuant par collision, ou en les éloignant de zones importantes), des scientifiques ont été chargés d’analyser comment les centaines d’espèces qui gravitent autour du golfe du Lion habitent cet espace. L’idée : planifier au mieux les futurs aménagements, afin d’éviter autant de dommages que possible.

Problème (de taille) : le gouvernement n’a pas attendu ces résultats pour déterminer les zones d’implantation des futurs parc éoliens marins. Elles ont été définies par décret, en octobre 2024, un an à peine avant la publication de Migralion, par Catherine Vautrin et Agnès Pannier-Runacher, alors respectivement ministre du…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com