Hammerfest (Norvège), reportage
Clap de fin pour la zad la plus arctique du monde. Le camp climat du Repparfjord, à deux heures du cap Nord, vient de toucher à sa fin, après 225 jours d’existence. Établi par un mouvement de jeunesse écologiste norvégien pour protester contre la mine de cuivre Nussir, il était devenu une expérience unique. Le long des rives d’un fjord aux eaux cristallines, des dizaines de jeunes activistes écolos et autochtones sámis démontent des lavvos, tentes traditionnelles en cuir de renne, enfoncées dans une neige épaisse.
« Cela me brise évidemment le cœur de démonter notre camp, où nous avons passé tant de temps. Mais les moyens manquent, et le lieu reculé en rendait l’entretien difficile », explique Symre Johane Aaargaard, 21 ans, l’une des organisatrices et membres du conseil central de Natur og Ungdom, organisation de jeunesse écologiste norvégienne qui en gérait l’organisation et le financement. Des coups de couteau et de hache résonnent pour déloger les structures de la glace qui les recouvre, alors que les températures frisent les -10 °C.
Depuis juin, le camp avait été habité par de petits groupes d’activistes se relayant dans le Grand Nord, vivant dans ces tentes chauffées par de petits poêles à bois et dormant sur des peaux de rennes. De cette base opérationnelle, ils et elles avaient lancé des actions de désobéissance civile pour bloquer la mine de Nussir, opérée par un consortium norvégien, canadien et étasunien.
« Le forage a commencé en juin, sans même les autorisations nécessaires, sans l’accord des éleveurs de rennes sámis et sans évaluation environnementale valable », ajoute Symre, qui était parmi les premières à se mobiliser pour tenter d’entraver les explosions dans le cœur de la montagne — et le dumping des déchets miniers dans le fjord.
La plus grande mobilisation depuis 40 ans
Pour marquer la fin du camp, les activistes…
Auteur: Philippe Pernot

