Cet article mentionne des faits de violences sexistes et sexuelles.
Sophie, salariée agricole depuis plus de dix ans et mère d’une fille de 5 ans, pensait enfin avoir trouvé le poste idéal : « Je travaillais en journée, c’était à dix minutes de chez moi et tenu par un ami. » Au bout de quatre mois, alors que la canicule bat son plein, la jeune femme change de tenue pour un short, elle qui n’avait jusqu’ici porté que des pantalons. « Du jour au lendemain, mon ami s’est mis à me mettre des mains aux fesses, devant tout le monde, sans que ça ne dérange personne », raconte l’agricultrice de 29 ans. Aux gestes s’ajoutent les propos salaces de ce patron de 45 ans, qui lui aurait notamment lancé : « Tiens Sophie, je me ferai bien sucer. »
« Je savais très bien que ce n’était pas normal », commente celle qui se trouve alors être la seule femme de cette exploitation, aux côtés de deux salariés masculins, « mais pour eux, c’était de la rigolade ». Jusqu’à ce jour de juillet où, après une ultime main aux fesses, Sophie le menace de porter plainte. « Je lui ai dit que c’était certes mon ami, mais aussi mon patron, et qu’il était en train de me faire subir des agressions sexuelles. » L’homme met fin à ses attouchements.
« Du jour au lendemain, mon ami s’est mis à me mettre des mains aux fesses »
Le cas de Sophie est loin d’être isolé. Le 6 janvier, un agriculteur de 38 ans a été condamné à sept ans de prison par le tribunal correctionnel de Belfort pour des agressions sexuelles contre une stagiaire alors âgée de 17 ans. En décembre 2025, un ouvrier agricole, de 38 ans lui aussi, a été condamné à huit mois de sursis probatoire pour avoir demandé une fellation à une stagiaire de 20 ans alors qu’elle se trouvait avec lui sur le tracteur, en Normandie. Des affaires similaires ont été jugées en 2024 à Pau, en 2023 à Saint-Brieuc, entre autres.
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Auteur: Pia Carron

