« Je ne sors pas de l’ENA, ni de Sciences Po, ni de Polytechnique », clame-t-elle ! Malgré un parcours atypique, l’entrée d’Elisabeth Moreno au gouvernement Castex comme ministre de l’Égalité femmes-hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances n’est pas si surprenante. Arrivée en France avec ses parents pour soigner sa petite sœur gravement brûlée, la native du Cap-Vert s’est toujours engagée pour l’égalité des droits, qu’elle soit sur les bancs de la fac ou à la tête d’entreprises de la « tech ». « Je venais du monde de l’entreprise, qui a aussi ses codes, je ne parlais pas la langue politique mais j’ai réalisé que je faisais de la politique sans le savoir », considère-t-elle avec du recul.
Une ministre sans les codes
Un profil, issu de la société civile et du secteur privé, qui n’avait pas manqué de surprendre les médias, à l’époque, ironisant même sur une ministre qui « n’avait pas sa langue dans sa poche ». Un traitement que l’ex-ministre dénonce encore aujourd’hui : « Est-ce que l’on dirait d’un homme qu’il n’a pas sa langue dans sa poche ? Qu’est-ce que cela veut dire ne pas avoir sa langue dans sa poche ? Est-ce à dire que lorsqu’une femme exprime ses convictions, elle n’a pas sa langue dans sa poche ? ».
Son expérience du monde politique, même courte, a surtout été marquée par une forme de désillusion. « Le pouvoir dénature les gens, je l’ai vu dans le…
Auteur: Simon Nicolle

