La zone alpine du mont Jacques-Cartier, en Gaspésie, au Québec. (Jonathan W. Chipman), CC BY-NC-ND
Si vous visitez le mont Jacques-Cartier dans le parc national de la Gaspésie, au Québec, vous emprunterez un sentier bordé de quatre-temps qui traverse une forêt d’épinettes et de sapins. À mesure que vous approchez du sommet, les arbres rapetissent, puis disparaissent à l’entrée de la zone alpine, où le climat est rude et où les plantes poussent au ras du sol.
Mais cette île d’altitude, à l’instar de dizaines d’autres sommets alpins du nord des Appalaches, est en train de changer. Des recherches que mes collègues et moi avons menées à partir de 41 ans d’images satellitaires des montagnes du nord-est des États-Unis et de la Gaspésie montrent que ces montagnes verdissent lentement.
Comment expliquer ce phénomène ? Et que signifie-t-il pour l’avenir des plantes qui poussent là où le froid et le vent sont trop rigoureux pour les arbres ?
La vie dans la zone alpine du nord-est
Carte du nord des Appalaches.
(Jonathan W. Chipman), CC BY-NC-ND
Les scientifiques étudient les plantes alpines du nord des Appalaches depuis l’expédition Belknap-Cutler de 1784 au mont Washington, au New Hampshire.
Plus tard, des botanistes tels que M.L.Fernald ont décrit l’exceptionnelle diversité végétale des monts Chic-Chocs, au Québec.
Ils y ont découvert des plantes capables de résister au froid, aux nuages, à la pluie et à la neige, ainsi qu’à des vents d’une violence presque inimaginable.
Au Petit mont Sainte-Anne, les rafales peuvent atteindre 250 km/h. Le mont Washington est célèbre pour la rafale de 371 km/h qui y a été enregistrée en 1934, et les vents d’une violence dangereuse y sont fréquents.
En hiver, ces vents charrient des cristaux de glace et les projettent contre toute plante qui n’est pas abritée par un rocher ou une…
Auteur: Jonathan W. Chipman, Director, The Citrin Family GIS/Applied Spatial Analysis Lab, Adjunct Assistant Professor, Dartmouth College
