Dans le désert du nord du Chili, à la frontière avec le Pérou, les tranchées creusées pour freiner l’immigration irrégulière, mesure phare du nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast, divisent habitants et commerçants.
« Est-ce que cela va donner des résultats? » s’interroge Manuel Pérez, un Chilien de 50 ans dans la ville péruvienne frontalière de Tacna. « La frontière s’étend sur des centaines de kilomètres et j’ai le sentiment qu’une tranchée ne réglera pas le problème de fond de l’immigration », ajoute-t-il.
Le projet de « bouclier frontalier » de José Antonio Kast prévoit la construction de « barrières physiques » sur près de 500 kilomètres dans trois régions du nord du Chili, aux frontières avec le Pérou et la Bolivie. Les travaux ont débuté mardi à Arica par le creusement d’une tranchée de trois mètres de profondeur.
« Très radicale » –
Dans cette zone de passage intense, où le commerce transfrontalier fait vivre une partie de la population, certains redoutent aussi un coup d’arrêt dans les échanges.
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© AFP Le président chilien José Antonio Kast s’adresse à un groupe de soldats près du poste frontière de Chacalluta, à la frontière entre le Chili et le Pérou, le 16 mars 2026 |
« Au moins sur le plan commercial, il faudrait un peu plus de souplesse », plaide Irene Flores, une commerçante péruvienne de 50 ans, chargée de sacs de marchandises à son arrivée au poste frontalier de Chacalluta. Elle craint que des mesures plus strictes ne perturbent la fluidité des échanges.
De nombreux Péruviens se rendent à Arica pour travailler et faire du commerce, tandis que les Chiliens traversent la frontière pour se rendre à Tacna pour y faire des achats ou se soigner à moindre coût.
Sur une place de Tacna, le retraité péruvien Pedro Rosales, 79 ans, juge la mesure « très radicale ».
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© AFP Vue aérienne d’engins de chantier… |
Auteur: Claude Morizur


