La salle d’audience paraît presque trop étroite, en ce 20 mars de début de printemps. Quatre fenêtres, une dizaine de rangées de sièges. Une pièce trop banale pour son enjeu. Au sein de la première chambre de cour administrative d’appel de Douai (Nord), 53 habitants d’Evin-Malmaison (Pas-de-Calais) attaquent l’État en justice. Selon eux, il serait responsable d’avoir laissé la fonderie Metaleurop polluer en toute impunité.
Avant sa fermeture en janvier 2003, l’usine, un temps considérée comme la plus grande fonderie d’Europe, produisait 130 000 tonnes de plomb et 100 000 tonnes de zinc chaque année. Elle rejetait dans l’air des poussières de plomb et du cadmium, un type de métal présent dans le cuivre. Des produits éminemment toxiques. Lors de l’année de la fermeture, la zone de 700 hectares qui entoure l’usine est considérée comme le territoire le plus pollué de France. Le site est situé à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), à 3 kilomètres d’Evin-Malmaison.
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Ce mercredi 20 mars, la petite foule d’habitants souhaite réparation. Une deuxième fois. En décembre 2021, ils avaient été déboutés en première instance par le tribunal administratif de Lille. Ils demandent à l’État la dépollution de leur terrain et des indemnisations pour la perte de la valeur de leurs biens immobiliers et des dédommagement pour l’anxiété qu’ils auraient pu ressentir du fait de la peur de contracter une maladie.
Inconnue
Il est presque 14 heures. Une invitée surprise du nom de Marie Toussaint vient d’entrer dans le petit bâtiment en travaux de la cour administrative d’appel. Ni le responsable de la logistique du lieu, ni la greffière ne sont au courant. À vrai dire, ils ne connaissent même…
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Auteur: Lucas Sarafian

