Les jours passent et les débris sont toujours entassés, l’électricité coupée, la nourriture et l’eau potable rationnées. Près de deux semaines après le passage du cyclone Chido, les habitants du nord-ouest de Mayotte disent se sentir « abandonnés » et attendent des aides.
À Mtsahara, village côtier à la pointe nord de l’archipel, près duquel s’est engouffré le 14 décembre l’œil du cyclone, « on vit dans le stress, psychologiquement c’est très difficile: on pense sans cesse à comment avoir assez d’eau, assez de nourriture », raconte Natidja Ali Saansa, 36 ans. Dans sa rue pendent des câbles électriques arrachés par le vent.
« À Mamoudzou, la vie reprend, il y a de l’électricité, du réseau. Ici on est abandonnés, alors qu’on est les plus touchés », poursuit la jeune femme, qui tient sa fille par la main.
Dans le village, la première distribution de nourriture a eu lieu mercredi matin. Après avoir remonté la longue file d’attente, les habitants sont repartis avec quelques boîtes de conserve, du sucre, de la farine et deux bouteilles d’eau minérale.
« Il n’y en aura pas pour tout le monde », prévient Anli Mari Moussa, agent municipal, qui supervise la distribution. « On reçoit trop peu de nourriture. Et pour les déchets, les débris, c’est pareil, on se débrouille tout seuls », explique-t-il.
D’un village à l’autre, les routes sont bordées de branches et de tôles. Les arbres qui apportaient autrefois ombre et verdure ne sont plus que des troncs effilés: par endroit, le paysage rappelle les terres lunaires après les feux de forêt.
« On s’entraide »
Sur la plage qui longe la commune d’Acoua se dressent de longs tas de tôle, de branches et de débris soufflés par le vent.
Auteur: AFP


