C’est un « récit » de faits divers du Parisien. Titre : « ‘Tu ne vas quand même pas me tuer ?’ La mortelle obsession de l’éleveur éconduit ». Résumé : « En 2023, Guillaume Dubois, 32 ans, a exécuté Loan Bernede, qui entretenait une relation avec Julie, une jeune femme qu’il avait fréquentée quelques mois. Des semaines durant, il avait espionné et harcelé le couple avec des lettres anonymes. »
Pour illustrer ce « récit », une belle photo, qu’on devine posée, d’un jeune homme en short et tee-shirt, souriant, assis sur des rochers dans la forêt. Le genre de photo qu’on utilise comme profil Facebook. Oh, se dit-on : c’est sans doute Loan Bernede, la victime du meurtre, dont le journal va nous raconter les derniers jours. En cliquant, on découvre les premiers mots : « Du fond de sa cellule, Guillaume Dubois aimerait ‘comprendre’. Comprendre ‘ce qui l’a amené à cette situation’. À cette détention préventive qui ne manquera pas de se muer en une lourde peine de prison. » Bizarre : il n’est pas vraiment question de Loan.
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L’article en ligne est illustré d’un selfie du même jeune homme, toujours souriant, allongé dans l’herbe, un bras derrière la tête. Et l’on comprend enfin : Le Parisien ne va pas nous parler de qui était Loan, tué « d’une balle dans la tête le 22 novembre 2023 au petit matin », mais des états d’âme de son meurtrier.
Dédouanement
« Comment cet éleveur de 32 ans a-t-il pu basculer au point de jeter sa victime dans une voiture, de l’achever au détour d’un virage, puis de l’enterrer avant d’exhumer le corps pour le brûler et jeter les restes dans un ruisseau ? » se demande le journal, relayant ainsi sans distance ce qui…
Auteur: Pauline Bock

