Ce n’est pas le feu le plus étendu de cet été caniculaire, mais c’est l’un des plus graves et inhabituels. Il a été provoqué par des tirs de grenades de la gendarmerie.
Le 12 août, à Dannes dans le Pas-de-Calais, les flammes dévorent la végétation située en bord de mer. L’incendie, impressionnant vu des plages, parcourt 190 hectares, attisé par le vent et la chaleur, dans une zone classée Natura 2000. Les dunes sont noires de cendres, les pins calcinés, et une maison entièrement détruite. Dix autres domiciles ont été cernés par les flammes, et sauvés in extremis par près de 200 pompiers appuyés par des hélicoptères. 1200 campeurs ont été évacués.
Les faits sont graves, des vies ont été mises en danger. La première version parue dans le journal La Voix du Nord évoque la présence d’exilés sur les lieux du sinistre : «Deux embarcations qui devaient être mises à l’eau en vue d’une tentative de traversée clandestine vers le Royaume-Uni, ont été neutralisées». Interrogée, la sous-préfète n’a «pas souhaité s’exprimer» selon le quotidien. Immédiatement, la fachosphère s’empare de l’affaire, et accuse les réfugiés d’être responsables, et les commentaires racistes se déchaînent sur les réseaux sociaux.
En réalité, le feu a été déclenché par la gendarmerie. L’association Utopia 56, avec qui nous nous sommes entretenus, a reçu plusieurs témoignages de riverains et de personnes exilées présentes sur les lieux, qui «disent tous que ce sont les grenades lacrymogènes lancées par les forces de l’ordre qui ont déclenché les feux». Ces témoins confirment que les forces de l’ordre intervenaient pour empêcher une embarcation d’être mise à l’eau.
Utopia 56 explique aussi que «l’utilisation du gaz lacrymogènes est quasi systématique sur le littoral» et que ces dernières années il existe «beaucoup de situations où ça a amené à des…
Auteur: B
